Paroles

Vincennes
Un vent souffle dans la flaque, et d'un coup brise l'opaque
d'un petit coin de bitume, de ce quartier sous la lune.

Entre les tours HLM, je me balade un peu blême,
les mains au fond de mes poches et je pense en gavroche.

Il est bien dix heures du soir, il a cessé de pleuvoir,
les derniers oiseaux chantonnent et j'entends que pleure un môme.

Chaque foyer réverbère un petit peu sa lumière,
certains ferment leurs volets, d'autres aiment les feux follets...

A leurs balcons des étoiles, qui au Nord au Sud parlent
à toute âme un peu tranquille qui projette son nombril.

J'ai choisi la plus discrète, pourquoi je n'sais pas c'est bête,
« mais est-ce qu'on peut tout savoir ?» j'vous l'demande Monsieur « bonsoir » ;

« D'ailleurs ce gosse Madame, qui (« tiens !» ) à présent se calme,
pourquoi tous les soirs le même, pleure et pleure quartier Vincennes ? »
Auteur:
Jérémy Casseron
Dom Juan
Joli corps

J’t’invitais au cirque tzigane, petite fleur
Mais tu n’as pas senti leurs âmes dans ton coeur
Tu m’as dit ces gens sont sales, leurs mœurs immorales
 
J’t'invitais à regarder l’automne, tout mon or
Magnifique sur les quais de la Saône, j’ai eu tord
Tu m’as dit j’préfère l’été
 
J’t’invitais à voir les sauvages, ma sirène
Sur la Loire les oiseaux de passage, mais hautaine
tu m’as dit t’es un gars louche, ton cul sur une souche
 
J’t’invitais au bord de la mer joli corps,
un jour où le vent était fier, excessivement fort
Et voilà que maintenant tu rigoles, qu’enfin tu es folle ?
 
J’t’invitais au cirque tzigane, petite fleur
Mais tu n’as pas senti la flamme dans mon coeur
 
Oh tu t’en foutais de l’automne, tout mon or
J’aurais pu être ton homme, j’ai eu tort
Tu m’as dis j’préfère l’été
 
J’ai cru que tes yeux étaient sauvages, ma sirène
J’ai vu ton corps, j’ai vu un mirage, j’ai de la peine.

Auteur:
Jérémy Casseron
Souvenirs du réel
Petit gars

Soleil couchant, l’abri d’un vieux chêne, je m’assieds
l’air alarmant, oui j’ai l’âme en peine - voir mes pieds -
Ça prend du temps, le rêve à la traîne de t’aimer
« - Souffle le vent » pousse mes fredaines du passé.

Tire la nuit les rideaux de la solitude :
« Qui m’avait dit que tu l’veuilles ou pas l’habitude,
d’être petit face aux aléas, face à soi :
« Se s’ra la vie qui se charg’ra d’ toi petit gars... » »

Au crépuscule, sur quelques rayons égarés
les particules, puis l’herbe à foison, sous mes pieds
Nus de nouveau quand les sensations éveillées...
- Frais - Sur ma peau une bise - au front - a soufflé...

Auteur:
Jérémy Casseron
L'arbre aux papillons
Sarah

Sara a la peau sombre quand des millions d’années
N’auraient jamais fait fondre l’eau de tous les glaciers.
Elle a remis du rêve dans ma vie, mon esprit,
Chaque jour je me lève, tandis qu’elle me sourit.
 
Elle est mon héroïne, elle est ma cocaïne
Elle est ma dope à moi, tous les jours elle est là !
Elle est la matinée studieuse à un commerce
Vendant les petits pains du boss qui fait la caisse.
 
Tous les jours elle est là, debout pousse mon angoisse.
Malgré qu'ils soient contraints, ses gestes ont de la grâce !
Elle est la veuve noire, celle pour qui je veux faire
Un jour chanter l’espoir et puis demain me taire.
 
Dessous les châtaigniers verts en fleurs qui la voient
Tous les jours travailler, montent attendent s’assoient
Et descendent du tram les gens jusqu’à la foule ;
Absente, elle me regarde, en moi monte la boule !
 
Je commande un café, juste pour lui dire bonjour
Afin qu’elle me retienne, souvent fais un détour.
Tu as l'allure d'une Sultane d’Arabie
Dis-je, pour qu’elle m’écoute, tu me dis d’Algérie !
 
Avec sa voix si douce qu’elle semble pareille :
Milles nuits à la belle, une seule merveille !
C’est la fille d’un roi, un gars qu’a dû souffrir
Mille maux il faut croire, une amande un saphir !
 
Elle est fière elle est droite, en elle est un secret
Quelque chose qui me tient éveillé et discret.
Quelque chose qui me pousse à apporter des fleurs
Qu’elle accepte touchée – et lui dire des douceurs.
 
Peu importe mes chances, je n’ai rien dans les poches
Hier, j’avais des lances d’amours et de reproches !
En haut des cimes fraîches des arbres nouveaux
Une pie cherche à faire son nid pour ses marmots.
 
Loin des chats des félins, loin des loups et des hommes
Ces derniers les adoptent pourtant comme leurs mômes.
Elle m’a dit qu’elle avait une petite fille
Un peu de son secret, une hirondelle trille.
 
Sara a la peau sombre quand des millions d’années
N’auraient jamais fait fondre l’eau de tous les glaciers.
Elle a remis du rêve dans ma vie, mon esprit,
Chaque jour je me lève, tandis qu’elle me sourit.
Elle est mon héroïne, elle est ma cocaïne
Elle est ma dope à moi, du sable entre mes doigts.

Auteur:
Jérémy Casseron
Maria  © Martin Buffet
Abbeygate street

Dans une auberge sans futur au toit bientôt effondré
Je commençais mes voyages avec trop de livres dans mon sac
Sur la baie de Galway, les oreillettes du Walkman enfoncées
Je réapprenais l'anglais avec Blood and the Tracks.
 
Rapidement je quittai l'auberge et mes camarades français
En quittant mon pays, je fuyais aussi sa langue.
Sous les combles d'Abbeygate Street debout sur un tabouret
Je fumais ma fierté sur les toits de décembre.
 
Aujourd'hui que je ne vois plus les yeux qui figeaient
Les premières années de ma sensibilité
Je me demande comment on fait ces sentiments là.
 
Nouveau et enthousiaste, la veille encore j'aurais suivi
Elisa à Dublin, mais le jour suivant arrivaient
Un ami ainsi que ma famille qui n'avaient malheureusement pas compris
Que celui que j'étais Elisa l'emmenait.
 
Ici mais absent, on me fit des reproches
Alors, je pris un Ferry et je laissai sur le quai
ma peine et mes défauts et ceux là de mes proches
Qui me voulaient comme avant, quand l'absence d'Elisa me rendait muet
 
Aujourd'hui que je ne vois plus les yeux qui figeaient
Les premières années de ma sensibilité
Je me demande comment on fait ces sentiments là.
 
Sans nulle part où aller, j'errai un temps puis je retournai
En détresse chez mon père où six mois m'absorbèrent,
Comme une mer étale que les marins redoutaient, quand naviguaient
Encore la Trinidad ou Santa Maria pour une quête sincère.
 
J'attendis, puis je rengeai ma chambre comme pour partir
Vers un voyage impuissant duquel on ne revient pas,
Quand un ami me dit l'homme que tu es te fait souffrir
J'ai une chambre pour toi rue Vasco de Gama !
 
Aujourd'hui que je ne vois plus les yeux qui figeaient
Les premières années de ma sensibilité
Je me demande comment on fait ces sentiments là.

Auteur:
Jérémy Casseron
Souvenirs du réel
Novembre

En novembre avec le nez sur mes pieds
Je rêve septembre quand j’avais un peu de blé
Qu'on allait avec Christian, à la quête du bon moment
Boire un pot dans un troquet et l'on était satisfait

Nostalgie, j'ai l'regard dans le passé
Et qu'il est joli quand il est de liberté
On allait avec Calie, à la quête de la vie
Des sensations dangereuses, celles qu'on appelle amoureuses

Funambule, j'ai l'regard droit devant
J'ai remis un pull, il fait très froid maintenant
J’n’avais pas prévu mon coup, à la quête du moment fou
Qu'un jour ou l'autre ça pète que l'on est sur la sellette

Aujourd'hui, j'ai volé de quoi manger,
Mais pas un petit, j'ai volé un gros marché
Un où ça n'fait pas de mal, je suis digne et c'est normal
C'est pas que j'crois au bon dieu, mais j'ai du respect pour ceux

Registrés qui se battent pour manger,
Qui payent leurs loyers et qui t'aident volontiers
Et même si c'est des sornettes, dans la plupart des cas
J’aime bien vivre sur ma planète, je m'y sentais bien jusqu'à c'

Qu'en novembre on m'enlève mes lacets
Je rêve septembre, au hasard je marchais
Sans chemin et sans futur, j'avais le regard sûr
J'étais dans la force de l'âge où peu importe l'adage !

Auteur:
Jérémy Casseron
L'arbre aux papillons
Black blanc beur

Black blanc beur, c'est pas du vocabulaire
Appelle-moi par mon nom, je t'appellerai par le tien !
Bis

Auteur:
Jérémy Casseron
Maria  © Martin Buffet
Je ne suis pas en retard

Je ne suis pas en retard
De vous vous m’avez
Depuis ce matin

Rempli de votre regard
Que vous m’accordiez
En pinçant vos mains

Lorsque tombe le soir
Que d’autres oubliés
Du grand citadin

Bercent leurs idées noires
Vous vous me donniez
De l’amour un brin

Ô que votre voix m’égare
Ce son déposé
Ce timbre angevin

Je sais bien que tôt ou tard
Il va s’envoler
Et vous serez loin

Tant pis je grave ma mémoire
De votre gaîté
De votre parfum

Comme d’aucuns le désespoir
Vient m’importuner
Lors je me souviens

De ce furtif rancart
Vous me murmuriez
Que tout allait bien

Je suis aux anges d’avoir
Su vous adorer
Que vienne demain

Auteur:
Jérémy Casseron
L'arbre aux papillons
Une vieille déesse

Plus de nouvelle il semble que tu as refait ta vie
C’est douloureux de ne pas savoir où et si tu réussis
Alors, j’attends pour ne pas être un poid mais plutôt un appui
Je suis veille déesse toute ridée et je me suis gravée dans ta mémoire

Petit bonhomme, je t’ai vu en couche culotte et mal appris
Et puis enfants plus colérique qu’un jour de trombe de grandes pluies
Quand les orages viennent que les grands enfants demandent un abri
Je suis une vieille déesse qu’a travaillé et qui me suis gravée dans ton espoir

Adolescent, tu voulais être quelqu’un de juste et de gentil
Mais les filles te rendaient méchant et décidé comme la folie
Tu n’voulais pas comprendre qu’entre elle et toi y’avait surement la vie
Je suis une vielle déesse, deux fois mariées et qui me suis gravée dans ton regard

A vingt ans, tu prenais ton sac mal assuré et trop rempli
Tu partais lourdement pour revenir plus léger et poli
Mais plus triste d'avoir vu le monde alors vite tu es reparti
Je suis une vieille déesse qui t’aime tu vois et qui te suis partout quand il est tard

Moi qui suis né bien avant toutes ces nouvelles technologies
J’ai connu la misère, ô oui comme beaucoup de gens d’aujourd’hui
J’ai vu mourir mon père ma mère et puis aussi mes deux maris
Je suis une vieille déesse qui t'aime tu vois, et souvent prie pour vous mes p’tits zonards

Tu penses que tu peux pardonner aujourd'hui c’est que tu suis
Qu’on t’ait mal mené courbé et souvent donné du mépris
C’est que celle que tu cherches ne doit plus être tellement loin d’ici
Je suis une vieille déesse, je suis ridée je te le dis donne lui ta meilleure part.

Auteur:
Jérémy Casseron
L'arbre aux papillons
Mon pote le chêne

Allons viens, je t’emmène voir mon pote le chêne
Mon ami de toujours.
J’lui parle de mes peines, je lui dis ce que j’aime.
Crois-moi, il n'est pas sourd
A mes paroles, il les garde au frais
Et quand je les oublie, je vais le voir pardi.

Et tout ce que je grave, tout au sein de sa sève
Mon ami de toujours,
Lui, il ne l’égare pas alors il me le souffle.
Et peu importe le jour, ces paroles
Il les a au frais,
Et quand je les oublie, lui, il me les redit.

Lors je prends du courage et content comme un sage
Mon ami de toujours,
Me joue de la musique tout en mouvant ses feuilles ;
Dès lors, la joie accourt à mes paroles
Je gagne ton respect.
Et dans tes yeux je lis, qu’on monte au paradis !

Auteur:
Jérémy Casseron
Dom Juan
La garde

Y’avait une fleur aujourd’hui sur une branche jolie,
Dans le froid de février qu’est tout gris dur à porter.
Mais y’a une fleur aujourd’hui de l’horizon à ma folie,
Sous le ciel de février, rosée elle semble l’été
 
Je m’approche doucement
Le cœur plein d’sentiments
Comme en fleurs j’n’y connais rien
J’n’ai pas trop l’air malin
 
Y a mon collègue aujourd’hui dans la guérite de la folie
Qu’a des médaille qu’est décoré qui roupille toute la journée
Y a mon collègue aujourd’hui dans la guérite pas jolie
Qu’est rosé, qu’est amoché en février et toute l’année.
 
Je m’approche doucement,
Lui d’mande gentiment
« En nom d’fleurs j’n’y connais rien
Dis sais tu qu’elle est le sien ? »
 
« Qu’es t’a’ pauv’ type aujourd’hui, tu fais le beau cœur pour qui
Fais ton boulot et fait pas chier pauvre tapette sale Pd ! »
Alors j’fais ma ronde de folie, car faut bien gagner sa vie
Et voilà qu’j’ai la nausée, c’est c’t idiot qu’a tout cassé.
 
Je me résonne, doucement
Revient mes sentiments
Comme en fleur j’n’y connais rien
J’lui ai donné le sien !

Auteur:
Jérémy Casseron
Souvenirs du réel
Ton ticket frère

Sais-tu combien de kilomètre du stade de Gerland à l’Opéra (bis)
Ce soir le froid a bon cœur la neige est pâle blanche comme un drap

Le soleil range ses cheveux juste avant la nuit (bis)
Sur le boulevard un bus roule la neige en poussière derrière lui

Derrière le nuage deux filles gravissent les marches du métro (bis)
J’leur demande leurs tickets en cours pour un garçon sur le carreau

Mais un ticket c’est même pas une heure, les portes du métro ne s’ouvrent pas (bis)
Vite j’me faufile derrière une grande dame qui m’dit souriez à la caméra

Le métro file à toute allure, les pieds gelés je me dis pour qui ? (bis)
Je livre des magazines de mode au snob, les snobs payent toujours en sursis.

Auteur:
Jérémy Casseron
Dom Juan
Mouchette

Y'a dans l'fond d'mon bol comme une idole, c’est une fée.
C'est une sirène, et c'est la reine de mon café.
Je rêve

Dans mon dentifrice est une artiste, un ange bleu
Pour mon haleine, elle tient la scène, sourit pour deux.
Je rêve

Et, lorsque j'embrasse, devant la glace, celle de mes vœux
Ô ma Marylin, sans magazine, je vois tes yeux,

Sur l'fil du rasoir, qui aimerait s’asseoir et demander
Pourquoi la Mouchette et la Clochette sont envolées ?

J'en sais rien ma rousse, dedans la mousse, j'ai beau souffler
Y’a rien qui me cause, l'monde est une chose sans volonté, sans rêve.
Lors, j'rase ma barbe, siffle mes hardes, lave mes pieds
Chaque jours, et mes membres rangent ma chambre pour continuer.

Auteur:
Jérémy Casseron
Dom Juan
L'étrangère

Derrièr’ les rideaux dans un canapé de cuir est une grande fille
bell’ comme au lido avec un joli sourire et de très grandes quilles.
 
Ell’fait dans ses mains,
le dessin d’un chien,
fidèle et couché
qui lui chauff’ les pieds.
 
Langoureuse un peu pas trop mais en sous-vêt' elle va voir à la glace
comme ses cheveux, silencieuse comme muette, se torsadent et s’enlacent.
 
Elle attend un Jules,
une espèc’ de mule
qui lui fait l’amour
sans lui dir’ bonjour.
 
Miroir et image elle remet de la couleur blanche sur ses pommettes
sans hâte et sans rage, elle sait fair’ battre son cœur, et se dit c’est
trop bête :
 
D’être à ce garçon
qui sent le poisson.
Il vient tout à l’heure,
je l’sais c’est son heure.
 
Ell'vêt une robe une veste un pantalon, elle pinc’ ses cheveux
Les cache sous un bob, met en ordre le salon, et puis elle fait un vœu
 
Le veux-tu toi l'chien,
- Toi qu’est l’seul typ’ bien -
veux-tu prendr’ la fuite ?
Si oui, c’est tout d’suite...
 
Dans les rues de l’ombre, elle va là où la mènent son cœur et son instinct.
Fille de la tombe et puis fill’ de la peine, ô la pauvre putain.
 
Mais seule elle se perd,
elle n’a pas de flair.
Et puis cette ville,
la rend malhabile.
 
Les rues sans lumièr’s sont celles où l’on chemin’ quand on a pas d’espace
Que lui veut la terre, as-tu vingt ans la gamine, on choisit pas sa place.
 
Où est son pays ?
Mais qui vit ici ?
Qui sont tout ces gens
aux airs importants ?
 
Ell’ parle à personne, pour la raison que la langue elle ne la connaît pas.
Ell’ s’appelle Yvonne et tous les soirs si elle tangue des hanches, c’est pour toi.

Auteur:
Jérémy Casseron
Souvenirs du réel
Maria
On peut pas dire qu’elle est sincère ni qu’elle a de grande manière, mais elle est belle. Et quand du tramway je la vois à travers la glace j’ai froid, j’ai froid pour elle...
« Et qu’est-c’que ça peut bien lui foutre, très certainement rien sans doute
 
 Elle a les yeux qui font les villes beaucoup moins tristes - et l’an 2000 - moins solennelles. Ils poussent ailleurs en liberté dans des caravans de santé et de ficelles..
« Elle met les cœurs dessus la route, et cett’chanson coûte que coûte
 
Elle a des tresses comme les sœurs Lianes qui tiennent les cœurs qu’on abandonne.  Sa peau noire tannée aux soleils d’hivers est la mer et le ciel, elle bourdonne...
« De la rue c’est l’aventurine, je suis gadjé elle est romin
 
 C’est une gitane Maria, sais-tu ce que c’est d’être à soi une origine ? A seize ans de tendre la main au pied d’un géant haussmannien - fraîche et maligne
 « Et dis le toi lorsque tu louches, c’est familier dire les manouches
 
Elle est habillée d’une laine, de chaussettes épaisses, de mitaine, et de sandale... de tissus, d’écharpes, et regarde nul part et partout prenez garde, un vrai scandale !
« Va pas te mesurer à elle, fille autochtone et de dentelle
 
 Pourquoi fallait-il que sa tête se retourne, et vers moi ma bête moi la gazelle : Elle m’interroge et comment savoir si elle m’a vu maman pour sa gamelle
« De cette rail en ligne droite, je n’suis pas descendu mains moites
 
Et déjà le tramway s’éloigne et je ne vois plus dans mon âme, qu’un arc en ciel le faire revenir je ne peux qu’en grattant ce soir mes cheveux, j’ai froid pour elle...
 « Et qu’est c’que ça peut bien lui foutre, très certainement rien sans doute.
« Elle met les coeurs dessus la route, et cett’chanson coûte que coûte...
Auteur:
Jérémy Casseron
Maria  © Martin Buffet
Dom Juan

Elle a les lèvres tendues
Tout le corps tendu
Vers un baiser d’homme elle appelle

Depuis l’temps qu’morfondue
Elle pense à un gus
Qui dedans sa vie mette du bordel

Tout les soirs elle se fait
Des toilettes parfaites
Devant sa glace, mimiques et dentelles…

Mais tout ce p’tit effet
A croire qu’ils font exprès
Personne ne l'a vu : Elle s’est fait belle !

Ah Dom-juan
Il faut qu’tu ramènes
elle pleur' tout l’temps
la Da-Damoiselle

Elle va dans les soirées
Les soirées pour s’montrer
Là où tout coule même le Rimmel.

Là où le cœur serré
On attend de s’marier
Un type qui ne pue pas trop des aisselles !

Elle est de ces filles là
Timides, qu’on ne voit pas
Qui n’sont pas laides sans non plus être belles.

La nature a d’ces lois
Et qui ne le sait pas
N’a rien compris à la tour de Babel…

Ah Dom-juan
Il faut qu’tu ramènes
c’est le moment
chez la Da-Damoiselle

Les Dom-juans n’ont plus d’cœur
Les types n’ont plus d’sœurs
Ils cherchent tous la même gazelle

Celle qui r’semble à une fleur
Celle qui n’a plus d’odeur
Celle qu’a des OGMs dans la cervelle…

Heureusement que dans l’monde
Y'a pas que des Miss Monde
Faudra payer la note, monsieur, l’échelle !

Au prix des subterfuges
Je dis gloire à qui juge
Ce soir, c'est gratis l'arbre de noël.

Ah Dom-juan
Il faut qu’tu ramènes
elle pleur' tout l’temps
La Da–Damoiselle

Auteur:
Jérémy Casseron
Dom Juan
L'arbre aux papillons

Tu n’connais pas l’amour, la lumière du jour
Tu fais tout à l’envers, tu jures sur ta mère
Et tu penses que les hommes sont des uniformes
Mais regarde ta rage, c’est elle ta cage !

Je regarde les arbres, le vent n’est pas de marbre
Et les feuilles qui bougent sont des andalouses.
Si c’est vrai que dans l’âme, il est une femme
Je voudrais qu’elle soit une Buddleia…

Ami sur la pelouse, t’as l’cul dans la bouse
Ne vois-tu pas mon fils qu’ici les chiens pissent !
Tu voudrais que l’on t’aime, faut s’donner la peine
T’es pas clair, mais fier, et jure sur ta mère.

Aller viens on s’en fout, on est des voyous
Et sur les terrains vagues, nous on fait des tags ;
En été en hiver, je l’jure sur vot’mère
Sur la tête de mon chat, et des Buddleias…

Auteur:
Jérémy Casseron
L'arbre aux papillons
Le fil de la vierge

Au plafond de la pièce, une araignée s’installe
Je pourrais la tuer, l’écrabouiller d’ma sandale
Mais je n’ai pas le sang cruel et je conçois
Qu’il faut laver les murs lorsque l’on tue chez soi.

Alors princesse garde la ta force et ton mystère
Tisseuse des destins puissants et du sort des sans terres
Qui va mourir aujourd’hui, on te dit informée
Un homme violent, un intègre, un enfant mal formé ?

Aujourd’hui que tu es quelque chose d’immonde
Pour les mères, les civils, une peur inféconde
Leurs fils sans foi excommunient de la place
Tout ceux qui savent danser lorsqu'arrive la grâce.

Cette grâce que je regarde, l’insoumission fascine
Ils la dénoncent, ils la chassent, enfin l’enveniment
L’araignée du plafond à l’échelle du cadastre
C’est l’énigme « tsigane » désastre après désastre.

Regardes-tu ta main avant de faire un discours
Homme aux phobies grotesques, qui ose parler d’amour ?
Tu animes les peines et tu génères les malheurs
Quand tu écrases en criant celle qui te fait peur.

Celle qui aux Romains fit des clous et qui le regrette,
Qui ne demande rien quand les guerres s’arrêtent,
Qui a fait Django Reinhart malgré les nazis
Et jusqu’à New York la renommée de Paris !

Tous les voleurs de l’âme ont accepté la peine
D’encoller les murs de la folie quotidienne
Peu importe leurs partis lorsqu’ils tissent fidèles
Le réseau des nantis, et des guides ponctuels.

Les noyés seront sauvés, quelqu’un prendra ta place
L’avenir est sans surprise, ils musellent la grâce.
Ils ont fait l’Europe sans le fil de la vierge (Marie)
Et si cela t’étonne évite de vivre à crédit.

Ouvre la fenêtre, entends tu les caravanes ?
Le peuple du vent, le flamenco, les montagnes
Les enfants sans jouets, les chevaux, les bacchanales
Les cirques forains, les noces des salles communales ?

Auteur:
Jérémy Casseron
L'arbre aux papillons
Compteur

J’viens d'm’acheter un compteur
Qui sonn’ comme deux,
Carillon i m’fait peur
Mais y’a comme ça bon dieu,
que j’oublie pas l’gaz, le feu
que j’oublie pas l’gaz, le feu

Souvent quand je cuisine
que je durcis mes oeufs,
coincée entr’ mon cod’ pin
et mes pensées de vieux,
et bien j’oubli’ l’gaz, le feu
et bien j’oubli’ l’gaz, le feu

Je vivot’ sur le fil
faut qu’ce soit dangereux,
faut qu’je sent’ dans le mille
de mon coeur ténébreux,
une flamm’ j’oubli’ l’gaz, le feu
une flamm’ j’oubli’ l’gaz, le feu

Je sais que c’est extrême
mais qu’est-ce que j’y peux,
dans ma tête c’est d’la crème,
et ça fuit comme un pneu,
souvent j’oubli’ l’gaz, le feu
souvent j’oubli’ l’gaz, le feu

J’me soupçonn’ d’être sui-
cidaire un petit peu,
Pas seul’ment étourdie,
mais aussi malheureuse
pour oublier l’gaz, le feu
pour oublier l’gaz, le feu

Moi qui suis faite pour plaire,
je suis seule comme un pieu,
au milieu d’un désert,
où est mon amoureux ?
Mon homme où est ce naz‘, bon dieu !

Auteur:
Jérémy Casseron
Maria  © Martin Buffet
Une ville sans histoire

Le fil de la discussion a été perdu
A la terrasse du café cet été
Buvons un autre verre pour oublier
Que l’on est bloqué ici sans revenu !

Je m’imagine ailleurs je suis là
J’ai du mal à vivre ou c’est toi
Qui aimes les noyés
Pauvre ville fatiguée.

Je n’ai pas quémandé, tu m’as mal reçu
Tu étais toujours là sur mes pas
Il fallait faire vite, et faire selon toi
Aujourd’hui je m’ennuie de ton fleuve de tes rues.

Ma solitude est si grande que tu fuis, petite
princesse pour celui qui ne t’aime pas

Je m’imagine ailleurs, je suis là
J’ai du mal à compter ou c’est toi
Qui as la main avare
Riche ville de l'histoire

Sûrement c’est encore mes faux pas qui me tuent
J’ai travaillé à l’œil, fais confiance à la vie :
Ne crois jamais les promesses de qui te sourit
Leurs travaux sont des peines sans revenus !

Je m’imagine ailleurs je suis là
J’ai du mal à me battre ou c’est toi
Qui chéris les pendus
Triste ville corrompue ?

Tu dis "je vais te voler", mais tu m’as confondu
Tu m'as pris pour un autre et c'est toi qui me dois
Un jour tu prendras de mes nouvelles, mais je crois
Il sera trop tard, je me serai déjà battu...

Ma solitude est si grande que tu fuis, petite
princesse pour celui qui ne t’aime pas

Je m’imagine ailleurs je suis là
Oh j’ai mal au cœur avec toi
Qui a l’accent vulgaire
Forteresse des misères

Avec ou sans toit, j’ai marché dans tes rues
Je les connais si bien que je peux les nommer
Mais c’est sans valeur et tu sembles murmurer
Tes travaux sont des peines sans revenus !

Ma solitude est si grande que tu fuis, petite
princesse pour celui qui ne t’aime pas

Je m’imagine ailleurs je suis là
J'ai du mal à vivre ou c'est toi
Qui commandes au hasard
Riche ville sans histoire ?

Auteur:
Jérémy Casseron
Sélection EP aLamanon
J'aime et je ne peux

On est seul avec sa solitude
Seul avec ses petites habitudes
Vais-je finir ma vie ce soir
Vais-je rester dans le couloir ?

J’aime et je ne peux, m’oublier dans des yeux

Je suis assis, même avachi
Je sens l’appel de mon triste lit
Plus fort que tout mon pauvre corps
Endolori et qui s’endort !

J’aime et je ne peux, m’oublier dans des yeux

Pourtant, je sème un peu partout
Cet espoir doux de faire son trou.
D’être soi-même, sans fausse joie
D’avoir ma peine qui bat pour toi.

J’aime et je ne peux, m’oublier dans des yeux

Est c’que la vie a un dilemme
Auquel mes mains ont de la peine ?
Dites-moi quand paraissent les beaux jours
La terre promise, et cet amour !

J’aime et je ne peux, m’oublier dans des yeux

Être continuellement en partance
Ancré dans de vains souvenirs d’enfances !
Penses-tu qu’elle, elle saura te sauver ?
Qu’une fois là, tout sera changé ?

J’aime et je ne peux, m’oublier dans des yeux

Je sors de moi, je fouille un peu
Quelqu’un ici d’aussi malheureux !
Dans une poignée de main sincère
L’amitié nous rattache à la terre !

Car souvent on ne peut, s’oublier dans des yeux !

Auteur:
Jérémy Casseron
L'arbre aux papillons
Un euromillionnaire

Faudra que tu y ailles à pattes sans ta bagnole
Faudra bien regarder en face, les oiseaux, les gosses de nos écoles.
Tu as quoi dans ta besace de plus qu'une clé des villes ?
Tu travailles pour un fantôme d'un fantôme c'est qui au bout du fil ?
 
Tes paris perdent
 
Ton ange était ton diable ; lorsqu'il a parlé fort
Ses désirs trop longtemps contenus t'envoient dans le décor !
Pas de mal... Première chance... Il revient à la charge
Maintenant que tu es tout nu tu rameras dans son équipage.
 
L'argent et le confort, tout était pour lui plaire
Mieux vaudrait ne rien dire à ta femme de ta situation elle était tellement fière !
Mais l'train est en avance, et ça te fout les boules
Ne sais-tu pas que toutes tes actions étaient en différé ma poule ?
 
Tes paris perdent
 
Tout était favorable, pour ne pas que tu tombes
Ils avaient chassé les vagues, mais ils ne pouvaient pas chasser ton ombre.
Leur monde est si sordide, le tien si misérable
qu'hier encore la gentillesse se levait pour t'offrir une table ;
 
Tu as cru dans son sourire, tu as mangé de bon cœur,
C'était comme dans un rêve, et toi, tu aspires un jour au bonheur !
Bon sang c'est tellement triste, j'aimerais changer de chaîne
Mais le réseau fait des caprices... Elles sont toutes européennes !
 
Gentil cerveau cupide qui veut devenir Euromillionnaire
Faut pas jouer au plus malin, quand on est d'une souche ordinaire.
Ils préparent le terrain, n'as-tu jamais vu ton fantôme ?
A travers les vallées on a voté non, ils ont dit oui dans une assemblée d'une centaine d'homme !
 
Faudra que tu ailles à pattes sans ta bagnole
Faudra bien regarder en face, les oiseaux, les gosses de nos écoles.
Pourvu que tu t'en sortes et que tes clés fragiles
Ah... Les ambitions comme les tiennes, un jour, fassent des enfants plus subtils.

Auteur:
Jérémy Casseron
Souvenirs du réel
Ami

Je sais t’avoir fait du mal et chaque jour qui passe rompt en moi
Un peu plus de bonheur, mais tu pourrais me rendre ma joie
On était sur le même chemin, trop peut-être pour qu’on y croie
Tu l’avais écrit de ta main, j’ai mal lu, please, crois moi

Je persiste à t’écrire encore, mes lettres sont sans réponse de toi
Je veux trouver la clé en or, et ouvrir une nouvelle voie
Je ne veux pas que tu reviennes sur ma route
Je ne veux pas t’apprendre la vie, écoute
Un signe de toi rendrait ma joie.

Un dicton populaire nous dit, qui châtie bien aime aussi sois
Pas trop cruel mon vieil ami, on s’est connus moins de six mois
Ami, je veux ta route en somme, aussi belle avant nos coups bas
Car je pleure aussi comme un homme, à l’intérieur, tu ne vois pas

Dis moi si la B.A. est vaine, on prend un coup, deux, mais pas trois
Et si ce qui coule dans mes veines doit couler sur ma peau pour toi
Je ne veux pas que tu reviennes en vaincu
Je ne veux pas te plier plus, sais-tu
Un signe de toi rendrait ma joie

Ah le silence a bien des ombres, elles se bousculent, on ne dort pas
Et les rêves soulèvent les tombes, et le vent pliera notre croix
Quand je délire à réussir, la mort me dit ne prends pas froid
Combien faut-il encore souffrir, ami, please, rends-moi ma joie.

Auteur:
Jérémy Casseron
L'arbre aux papillons
Cette nuit

Être sur l’perron à attendre
La porte ne s’ouvre pas cette fois
Être comme un con et surprendre
Les amants enlacés, ça fait mal au foie.
Sans coup férir, alors, il s’en va
Retrouver les libations d’autrefois
Accoudé au comptoir, d’un bar à Hôtesses
Retrouver la chaleur, l’ivresse
Cette nuit

La pauvre hôtesse, cette fois
ne joue pas avec les sentiments de ce gars,
Et comme l’infirmière qui sous sa tutelle
Cache le rescapé du dernier carat.
Coeur d’artichaut, il pleure dans ses bras,
Elle lui propose un lit pour la nuit.
Il s’endort dare-dare sous son poids
L’hôtesse sourit heureuse
Cette nuit

Auteur:
Jérémy Casseron
Dom Juan
Ismaël

Ismaël dit que je suis trop dur avec les autres
Et qu’un jour à leur tour ils se vengeront sur
Moi, qui ne veux pourtant rétablir que les fautes
Et lancer à mon tour mes chaussures, sur leurs côtes.
 
Alors, quand le grand boss se ramène plein de morgue
Ou de naïveté feinte, fausse politesse,
Pour offrir sa bouteille à celui qui sans orgue
Sait bien trouver son eau à la source et le reste
Il me dit « à ton poste en silence
Garde ton job et ta science. »
 
« Je suis vieux, j’ai vécu, je me fous de leurs mœurs
Ça fait trente ans que je bosse ici à la plonge
De cette cantine, et que toujours les nouveaux directeurs
Se succèdent et se mentent, alors songe que ces seigneurs
 
Je les connais comme je connais le Maroc
L’Italie, la Sicile, et quand je communique
Avec toi dans ta langue pour celui qui m’provoque
Je suis sourd, je suis muet, car ces cons ils m’expliquent,
Comment on travaille bien que je
Sois dans ces murs le plus vieux ! »
 
Mais, Ismaël pourquoi on te laisse solitaire ?
Aujourd’hui, à ton poste, il y a besoin de deux personnes.
Toutes ces assiettes à laver encore, ces couverts
Ces plateaux, ces bols, ces ustensiles et ces verres !
 
Tu ne peux pas être au four et puis au moulin,
Au cul et à la gueule de ce lave-vaisselle.
Comment gérer ce tapis roulant à deux mains
D’un coté le propre et de l’autre la poubelle ?
Pas besoin d’avoir un bac ou trois,
Pour comprendre qu’on ne peut pas !
 
Vous pouvez vous bercer, vous mentir, étudiant.
Fils à papa, maman, qui toujours en retard,
Rend son plateau sans songer que passe le temps
Et qu’autour de vous dansent les balais vivants.
 
On en voit même faudrait la chandelle, je vous jure
Tandis que l’eau du lave vaisselle se dépense ;
Que la grande gueule attend leurs deux trois ordures ;
Ils sont là suffisants, ils digèrent et ils pensent :
Qu’ici ces messieurs sont des clients
Dans une cantine d’étudiants !
 
Alors avec Ismaël on se regarde, et on rit
De ces braves qui demain seront nos directeurs ;
De ces braves qui ont tellement déjà d’mauvais plis
De ceux qui n'ont encore jamais gagné leur vie
 
De ces braves qui nous f’rons des sermons sur l’hygiène
Des études à n’en plus finir, et sans aucune bactérie
De ces idiots béats devant des lois pérennes
Quand dans l’instant un homme est solitaire l’ami :
Sur un poste où on ne peut pas
Même en ayant un bac ou trois.

Auteur:
Jérémy Casseron
Souvenirs du réel

Je vous ai apporté un paquet d’églantines
Et puis tout un bouquet de belles capucines
Y’en a d’toutes les couleurs, y’en a pour tous les cœurs,
Prenez-en c’est pour vous, moins celle-ci c’est pour Lù.

Je vous ai apporté des bottes de pensées
Y’en de toutes les sortes, elles aiment se mélanger
Des roses et puis des bleues qui caressent les yeux
Allez-s’y, servez vous, moins celle-ci c’est pour Lù

Les filles mon père
Elles m’animent sévère
Mais c’est Lù mon père
Qu’a la fleur qu’j'préfère !

Je vous ai apporté cent trente et une violettes
Autant que toutes les semaines que j’vous ai dans la tête
Qui ça ? Voyons personne occupez-vous d'votre homme
Et prenez ces fleurs vous, moins celle-ci c’est pour Lù.

Je vous ai apporté des brassées de glaïeuls
Madame passez bien l’bonjour à votre filleule
En souvenir de son joli petit bidon
Et de ses vrais bisous, moins cette fleur c’est pour Lù !

Les filles ma mère
Elle m’animent sévère
Mais s’est Lù ma mère
Qu’a la fleur qu’j'préfère !

Je viens de récolter cent cinquante trois mille roses
J’ai les mains toutes griffées mais c’est pour quelque chose
C’est pour flancher un cœur et pour gagner mon beurre
Madame je suis fleuriste et pour ma Lù,

Auteur:
Jérémy Casseron
Souvenirs du réel
Tondeur d'œuf

On a un copain c'est un tondeur d'œuf,
Un esprit obtus qu'a un sens aigu
De l'économie, ah je plains son bœuf
Qui tout maigre sue, tirant sa charrue !

Un repas chez lui, tu chies petites crottes
Pain et margarine, une clémentine
Composent sa table même si t'es son pote
Ça ne change rien, tout l'monde au régime !

Du soir au matin, il compte son beurre
Je lui dis ça fond, c'est indénombrable
Mais que voulez-vous ça n'lui fait pas peur
C'est sans solution, c'est « irraisonnable. »

Sa vie, elle ressemble à une écrevisse
Qui va à r'culons, jusqu'à sa retraite ;
Oui, des maux de cœur aiguisent son vice
Bien déçu de l'homme alors il s'entête !

A chacun son rythme, à chacun sa pente,
Je sais bien que c'est le droit de tout homme ;
Mais lui est vraiment long à la détente
et toujours a mal, à la main qui donne.

C'copain qui déjà du vinaigre pisse
Je prie pour qu'jamais, il n'aille au safran,
Car il nous fera une mortelle jaunisse
Si dans la faillite, il tombe dedans.

Auteur:
Jérémy Casseron
Dom Juan
Eau chaude

Que je vous raconte l’histoir’ d’un voleur,
l’histoir’ d’un furoncle, d’un’ petit’ terreur :
« Qu’a dans sa besace trois arpèges,
toujours sur la face un manège,
et au fond des yeux la magie,
la lumière bleue d’l’énergie !
 
Que je vous raconte l’histoir’ d’une terreur,
qu’a jamais de montre mais qui connaît l’heure :
« Qu’a fait des voyages de partout,
malgré son air moine sans qu’ses g’noux,
tremblent non, jamais, c’est l’principe
de celui qui naît sous l’casse pipe...
 
Que je vous raconte l’histoir’ d’un voleur,
qui fait pas ses comptes, sauf pour le bonheur :
« Qui cherche toujours sa moitié,
sa p’tit’ part d’amour pour s’vanger,
d’avoir un linceul pour copain,
depuis qu’il est seul comme un chien...
 
Que je vous raconte l’histoir’ d’une terreur,
qu’a rangé la honte, mais pas sa douceur :
« Qui fait c’qu’on appelle son petit,
carnet de dentelle dans la vie,
mais toujours avec - grande est l’âme
un bout de latex sur l’sésame !
 
Que je vous raconte l’histoire d’un voleur,
l’histoire d’un furoncle d’une petit’ terreur :
« Qu’a pas ses papiers dans c’pays,
qui veut se marier une jolie
fille pour avoir, l’droit à l’eau
chaude, et puis rouler, à vélo...
 
Que je vous raconte l’histoire d’un voleur,
connaît pas la honte, connaît pas la peur...
Que je vous raconte l’histoir’ d’un voleur,
l’histoir’ d’un furoncle, d’un’ petit’ terreur :
« Qu’a dans sa besace trois arpèges,
toujours sur la face un manège,
et au fond des yeux la magie,
la lumière bleue d’l’énergie !
 
Que je vous raconte l’histoir’ d’une terreur,
qu’a jamais de montre mais qui connaît l’heure :
« Qu’a fait des voyages de partout,
malgré son air moine sans qu’ses g’noux,
tremblent non, jamais, c’est l’principe
de celui qui naît sous l’casse pipe...
 
Que je vous raconte l’histoir’ d’un voleur,
qui fait pas ses comptes, sauf pour le bonheur :
« Qui cherche toujours sa moitié,
sa p’tit’ part d’amour pour s’vanger,
d’avoir un linceul pour copain,
depuis qu’il est seul comme un chien...
 
Que je vous raconte l’histoir’ d’une terreur,
qu’a rangé la honte, mais pas sa douceur :
« Qui fait c’qu’on appelle son petit,
carnet de dentelle dans la vie,
mais toujours avec - grande est l’âme
un bout de latex sur l’sésame !
 
Que je vous raconte l’histoire d’un voleur,
l’histoire d’un furoncle d’une petit’ terreur :
« Qu’a pas ses papiers dans c’pays,
qui veut se marier une jolie
fille pour avoir, l’droit à l’eau
chaude, et puis rouler, à vélo...
 
Que je vous raconte l’histoire d’un voleur,
connaît pas la honte, connaît pas la peur...

Auteur:
Jérémy Casseron
Maria  © Martin Buffet